LA PREMIÈRE UNITÉ SANITAIRE AU QUÉBEC


L'Unité Sanitaire était situé dans l'hôtel de ville
Dans la décennie 1950, les roulottes dites Unités mobiles rendaient visite aux écoles pour des séances de vaccination. Certains copains de classe y devenaient blancs comme des draps…Jadis, nos parents nous racontaient comment leurs gros vaccins leur étaient tatoués au bras. Retournons en arrière.

En 1886, le gouvernement du Québec adopte sa 1re loi d’hygiène publique. En 1922, on crée un service d‘hygiène provincial, surtout axé sur les urgences du moment, entre autres, la  tuberculose et les maladies infantiles. Huit cliniques luttant contre les maladies vénériennes voient le jour et vingt localités construisent des systèmes de filtration.

De 1875 à 1930 environ, Saint-François-de-Beauce, Beauceville, est la métropole de la Beauce…en 1904, elle accède la première en Beauce au statut urbain…Beauceville Ainsi en 1924, le Conseil de Ville met sur pied une Ligue antituberculeuse et de puériculture Beauce-Dorchester, en vue de se doter d’une Unité Sanitaire. Des appuis du corps médical et du clergé régional sont acquis. Le Dr Alphonse Lessard en est l’ardent propagandiste.

En juin 1925, le Dr Lessard entreprend des démarches auprès de la Fondation Rockefeller de New York. Il propose au député un service à l’image de ceux des États-Unis, avec siège social à Beauceville. En 1926, le gouvernement provincial crée la structure des Unités Sanitaires. Conférences auprès des mères de familles, dépistage auprès des enfants d’âge scolaire, vaccination, et éducation populaire.

Le 1er mai 1926, la 1re Unité Sanitaire du Québec ouvre à Beauceville. Population rurale régionale de 43 894 habitants, sous la direction du Dr J.-A. Deschênes, d’un inspecteur sanitaire, de deux infirmières (dont Marie-Ange Dubé-Lamy) et d’Irène Jobin, secrétaire. En 1932, le Dr C. Pomerleau prend la relève; le Dr Guimont suivra en 1947.

Au fil des ans, des chicanes de clochers pointent à l’horizon. La crise économique de la décennie 1930 complique les activités. En accord avec la Fondation américaine Rockeyfeller, Beauceville offre des stages de formation de personnel pour  les équipes qui reviennent des États-Unis.

En 1930, on compte 23 Unités Sanitaires au Québec. Les visites à domicile, les soins aux nouveaux nés s’avèrent fort utiles. Médecine préventive. Cette même année, le gouverneur général du Canada, le Dr Julien de Montpellier en France, des Américains, des Haïtiens, etc. visitent la clinique beauceronne.

En Beauce, la taux de mortalité générale passe de 15,1 en 1926 à 9,6 en 1941. Vers 1959, le Québec compte 73 Unités Sanitaires, desservant 79 comtés. Garde Roseline Bilodeau a œuvré à Beauceville de 1947 à 1979. En 1951, elle est diplômée de l’Université de Montréal à titre d’éducatrice hygiéniste. Hommage aux infirmières Françoise Beaulieu-Busque(1910-1992), Jeanne Bolduc, Marguerite Doyon-Bonin, Laurette Bolduc, Cécile Lessard et  Blanche Poulin. De l’ancien Hôtel de Ville du secteur Est de Beauceville, l’Unité se relocalisera au 640 de la 2e avenue.

En décembre 1970, le Québec et son ministre Claude Castonguay (gendre du dentiste beaucevillois Gaspard Fauteux, petit-fils d’Honoré Mercier et ex-lieutenant gouverneur du Québec) réforment la santé et organisent le Ministère des Affaires Sociales. Le 27 mars 1975, les Unités Sanitaires de Beauceville et de Thetford-Mines sont fusionnées et intégrées au Centre hospitalier de Beauceville. On parle dorénavant de Département de santé communautaire… en 1993, ce service devient la Direction de la santé publique.

Un Fonds Unité Sanitaire de Beauce est déposé aux archives de la Société du patrimoine des Beaucerons, à Saint-Joseph-de-Beauce.

Faut-il se surprendre qu’en 1980 l’Hôpital Saint-Joseph de Beauceville inaugure alors les premières chambres de naissances au Québec?

André Garant

Sources :

Beauceville, 1re Ville en Beauce 1904-2004, collectif d’auteurs, synthèse du chapitre L’Unité Sanitaire, Nicole-Andrée Poulin-Lajoie.

Photo: Andrée Roy