CIRCUIT PATRIMONIAL (phase 1) André Garant

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Cette première phase du Circuit patrimonial de Beauceville, version 2004, a été intégrée au Circuit patrimonial dit no 2, diffusé en fin 2013. Donc, les 23 maisons décrites par André Garant font partie de cette nouvelle façon internet de présenter les 48 témoins du patrimoine bâti beaucevillois.

Inaugurée à l’automne 2004, la phase 1 du circuit patrimonial beaucevillois nous révèle de bien belles surprises sur la première ville en Beauce, Beauceville, métropole de la Beauce de 1875 à 1930.

Au pays de l'ethnologue renommée Madeleine Doyon (1912-1978), du poète William Chapman, de l'écrivaine Maxine, du journaliste Maurice Roy, entre autres.

Concédée en 1737 à François-Pierre Rigaud-Vaudreuil, la seigneurie est revendue en 1772 à Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry (1721-1797). Cette famille donne son impulsion au développement de Saint-François-de-la-Beauce. En 1779, le chemin de front de la rive Ouest est tracé sur le bord de l’eau de la rivière Chaudière. Au début de la colonisation, les censitaires s’installent d’abord sur les rives de la Chaudière dite Sartigan. Les coteaux sont abruptes, mais gagnent en paysages splendides.

Les moulins à farine et à carde de Léry sont construits entre 1772 et 1780; ils restent en opération jusque vers 1945. Puisant son eau au Lac Fortin de Saint-Victor, la rivière du Moulin est située presqu’au centre de la seigneurie, tant et si bien qu’en 1782, la Fabrique religieuse paroissiale achète sa terre actuelle, plus centralisée que celle du ruisseau Bernard. De passage de Québec en Nouvelle-Beauce, les de Léry résideront, à l’occasion, au moulin banal de la rivière du Moulin.

Arrondissement du Moulin (Ouest)

Antoine ‘Got’ Bernard profitera du rétrécissement du méandre de la rivière Chaudière pour opérer un bac (radeau) de la rivière du Moulin, soit de la rive Ouest, au Sud-Est du futur Hôtel Beauceville (Berberi-Bouchard), sur la rivière Chaudière. En 1851, un syndicat de cultivateurs de Saint-François y élève un pont en pin et deux brise-glace, démolis par la débâcle du printemps 1852. Dans la 2e moitié du XIXe siècle, Saint-François palpite au rythme de l’épopée aurifère beauceronne.

Toujours en 1852, le premier bureau de poste de Saint-François voit le jour sur la rive ouest. Paraît-il qu’à cette époque plus de 50% de la population locale vit dans l’Ouest, à l’ombre du clocher… loin du bruit du train. Aussi, les habitants de la région de Lambton ont besoin d’un pont sur la Chaudière pour se rendre plus rapidement à Lévis. L’arrondissement de la rivière du Moulin se profile peu à peu avec l’érection de certaines maisons villageoises à fière architecture, entre autres, celle de la famille de William Chapman et du populaire député fédéral (1887-1900) et sénateur (1901-1923), et grand-père de Gaspard Fauteux, le Dr Joseph Godbout (1850-1923). En 1914, on décrète la construction d’un pont sur la rivière du Moulin, remplaçant le ponceau jouxtant le moulin de Léry.

Arrondissement de Léry (Est)

En face de la rivière du Moulin, sur la rive Est de la rivière Chaudière, la vie s’organise aussi. Bâti en 1848, l’Hôtel de Dominique Hamel (Hôtel Lambert) sera, à partir de 1856, le siège social du Bureau d’enregistrement de Beauce, au coin de l’actuelle 107e Rue (de la Station) et du boulevard Renault. Érigé civilement depuis 1850, Saint-François-de-la-Beauce tient ses séances du conseil municipal et de conseil de comté dans ce Bureau de la publicité des droits. D’autre part, de 1886 à 1907, Saint-François devient le terminus ferroviaire du Quebec Central Railway; deux ans avant l’arrivée du train en 1886, on n’emprunte qu’un seul tracé dans l’Est, soit la 1re Avenue. Bientôt la (107e) rue du Dépôt gravit la pente jusqu’à la gare, favorable au commerce.

Dans l’Est, cet arrondissement de Léry se blottit en aval du Rapide du diable et à l’orée du Bois des Amoureux. De 1908 à 1969, la rue de la Station sera le site de l’imprimerie et du journal L’Éclaireur. En haut de cette 107e Rue, des postes de transformation électrique seront en opération à partir de 1909. En 1896, Félix et Daniel Haerens d’Hérelle érigent une chocolaterie (le futur Manoir Chapdelaine), aux environs du Ministère des Transports du Québec d’aujourd’hui. En 1923, sur les coteaux, les Religieuses de Jésus-Marie établiront l’École Normale. En 1925, la manufacture de chaussures Jos. Tanguay donnera, à ce coin de Beauceville, la couleur d’un premier quartier industriel.

Installé à Saint-François-de-Beauce en 1881, le magasin général de Pierre-Ferdinand Renault prospère au cœur de la métropole régionale. En 1904, Beauceville devient la 1re ville en Beauce. Suite à la célèbre inondation de 1917, au cœur des affaires Beaucevilloises, le plus important magasin général de la Beauce est relocalisé plus haut, de la 1re à la 2e Avenue de la rive Est, ouverte à la fin de 1908. À cette époque dorée, la maison Renault, déménagée en 1977, baignera bientôt dans un environnement résidentiel bourgeois.


Inaugurée le 11 octobre 2005, la phase I du circuit patrimonial de Beauceville fouille la petite histoire populaire de Saint-François-de-Beauce. Une architecture qui ressemble à ses gens.

Une bonne randonnée pédestre dans les rues de Beauceville pour y apprendre son passé…à ciel ouvert. En plus d’admirer le respect et la mise en valeur des matériaux et de l’apparence originale de ce patrimoine bâti, on replonge dans un riche passé :

La maison natale de l’épouse du 1er ministre Louis St-Laurent, la résidence d’un célèbre poète beaucevillois, la résidence cossue d’un notaire-historien, un manoir nommé en l’honneur de Maria Chapdelaine, la rue du Dépôt ferroviaire, le site de jadis de l’imprimerie-journal L’Éclaireur,  les liens de la bourgeoisie locale, des métiers (charron, forgeron, cordonnier, boulanger, menuisier, marchand général), le presbytère de 1874, les établissements hôteliers de Tarragoneville d’antan…et plus encore!

Arrondissement de Léry

La résidence du notaire Philippe Angers (598, boulevard Renault)
La maison Pierre-Ferdinand Renault (702, boulevard Renault)
De l’École Normale à l’École Jésus-Marie (670, 9e avenue)
Le Manoir Chapdelaine (670, 9e avenue)
Entre la gare ferroviaire et l’Hôtel Berberi (609, 9e avenue)
La Maison Du Sault dite la jumelle (609, 9e avenue)
J.T. Fortin, fondateur de L’Éclaireur (610, 9e avenue)
La résidence du Cap à Ouellet de Blaise-Ferdinand Letellier (608, 9e avenue)
De solides maisons de brique (601, 9e avenue)
La rue Deschènes, une histoire de famille (603, 9e avenue)

Arrondissement du Moulin

Une maison, des métiers (267, avenue Lambert)
Souvenir de la Villa Massabielle (269, avenue Lambert)
La maison du notaire Bolduc, la boulangerie Rodrigue et Morin (260, avenue Lambert)
Le domaine Joseph-Alexandre Bolduc (262, avenue Lambert)
Une maison Bourg (270, avenue Lambert)
La maison Pierre Bourque (278, avenue Lambert)
William Chapman, poète (277, avenue Lambert)
Une résidence de la famille Chaussegros de Léry (300, avenue Lambert)

Arrondissement de l’église

La petite école à côté de la cordonnerie Titou (209, 108e rue)
Le presbytère de la paroisse Saint-François d’Assise de la Beauce (226, avenue Lambert)
L’Hôtel Barbeau de jadis (224, avenue Lambert)
Félix-Georges Fortier, notaire et maire de Beauceville (218, avenue Lambert)
De salle publique à École presbytérale (205-205 A, 126e rue)

  http://www.maison-patrimoine-beauce.com/

André Garant, historien







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