LE PATRIMOINE RELIGIEUX


 

Le Patrimoine religieux de Saint-François d'Assise....Chantal Fecteau         


Source: Ville de Beauceville

  1. L’église

On doit au révérend François-Xavier Tessier l’église actuelle.

Des écrits rédigés par le curé Tessier et publiés dans Notes sur la paroisse de St-François de la Beauce, nous retenons ceci :

« … la place de l’église fut fixée le 7 août 1855… l’entreprise de la maçonne a été donnée à Mr Antoine Pampalon… les paroissiens fournissaient tous les matériaux, et l’entrepreneur de la charpente et de la menuiserie a été Mr David Gosselin de Québec; les habitants fournissaient tous les bois…

La première pierre a été bénite par le curé Tessier, le 10 octobre 1857, et l’église a été bénite… le 21 juin 1860 et elle a été livrée au culte le  même jour ».

De style néoclassique, le plan de l’église a été conçu par l’architecte André Paquet.

Cette église est le quatrième temple religieux de Beauceville, les premiers ayant été construits en 1765, 1784 et 1803.

Les cloches de l’église

Nous devons également l’acquisition des cloches au curé-bâtisseur F.-X.Tessier.

Nous le laissons parler :

« Les cloches vraiment belles de St-François ont été bénies (sic) le 3 août 1864 par Mgr Horan, évêque de Kingston, en présence d’un grand nombre de membres de clergé, de l’honorable Alexandre René Chaussegros de Léry, seigneur de la paroisse et de beaucoup d’étrangers. Ces cloches, au nombre de trois, pèsent
respectivement 1721 - 1178 - 929 livres, en tout 3838 livres et sortent des ateliers de Mears de Londres en Angleterre".

Le coût total des cloches montées dans le clocher a été de 2,000.00 $ »

L’une des trois cloches a été remplacée en 1949 par une produite par la même fonderie anglaise en 1879. Cette nouvelle cloche provient de la paroisse Saint-Eustache.

Le clocheton

Le petit clocher qui couronne le rond-point de l’église contient une cloche (probablement la première à Saint-François) dont le poids est de 195 livres. Cette cloche fut bénite le 6 août 1788, possiblement pour la deuxième chapelle de Saint-François (1784-1803). Baptisée « François » par son parrain, Augustin Plante, cette cloche avait pour marraine dame Marguerite Renoux, épouse du Sieur Joseph Launière, capitaine au service de Sa Majesté Royale, en poste au Fort Saint-François. Le curé Lamothe, bâtisseur de la première église de pierres à Saint-François (1803) avait acheté cette cloche qui fut relocalisée en 1857 dans le clocheton actuel.

L’intérieur de église

      

« Les ouvrages de l’intérieur de l’église ont été entrepris par Mr Louis Dion et la sculpture, par son fils Adolphe Dion, le tout pour 3000 livres. La Fabrique a fourni le bois… » (Notes du Révérend Mr Tessier.

Ces travaux ont été exécutés entre 1860 et 1865. L’église mesure 165 pieds de longueur sur 70 pieds de largeur. Lors de sa construction, elle n’avait qu’un jubé et point de galeries.

Les galeries latérales auraient été  construites plus tard par Ferdinand Villeneuve en 1887.  Les bancs sont l’œuvre de Borromé Laflamme. Faits de bois verni, ils ont été réalisés en 1903.

La toile au-dessus du maître-autel, « Saint-François recevant le Christ dans ses bras “où plutôt « La vision de Saint-François» d’après le curé actuel Évariste Perron est signée et datée : Rolland Drouin, 1956

Rolland Drouin, peintre connu internationalement, est né à Saint-Joseph. Sa mère était native de Beauceville. Il vécut 15 ans à Beauceville.

 Les 3 autels

« 1888 - 25 mai. Payé à Ferdinand Villeneuve pour trois autels pour l’église… 1,800.00 $, peut-on lire dans les archives de la paroisse.

Le maître-autel                                                                                                 


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Le maître-autel situé dans le chœur attire notre attention. Fait de bois peint et doré par Ferdinand Villeneuve en 1888, c’est cependant le médaillon sur le tombeau qui est spécialement digne de mention.

 




  




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Ce parement d’autel est l’œuvre de François Baillargé et de son fils Thomas. Réalisé en 1822 pour décorer son autel de 1815, le relief  "La Vierge à
L'Enfant" fut replacé   
sur le tombeau de l’autel actuel en 1888.

L’autel sur lequel se trouvait ce médaillon est maintenant à la sacristie. Il avait été commandé pour l’église de 1803. Cette œuvre d’art, au cœur du patrimoine religieux de la paroisse Saint-François, est classée Bien culturel depuis 1985. Cette pièce est également très rare, sinon unique.

Les autels latéraux


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En bois sculpté, peint et orné de dorure, ces 2 autels sont les œuvres de Ferdinand Villeneuve


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L’autel de la célébration
Cet autel réalisé à la demande du curé Roland Fortier est l‘œuvre de l’artiste Gilles Giguère de Beauceville. Il a été installé dans le chœur le 6 décembre 1993.

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Stalles et chaire

Louis Dion s’engage à réaliser dans un délai de 5 ans… une chaire... des stalles comme celles de Notre-Dame de Lévis. Entente passée devant le notaire J.O. Arcand, le 12 février 1860.

La chaire qui se trouve aujourd’hui dans le chœur, avec les stalles, était autrefois fixée à un pilier de la nef.

Cette chaire de bois sculpté, teint en brun et orné d’une abondante dorure ainsi que les stalles de bois verni ont été réalisées entre 1860 et 1865 par Louis et Adolphe Dion.

Orgue Casavant

En 1903, La Fabrique de Saint-François de Beauce a également enrichi son patrimoine d’un orgue électro-pneumatique provenant de la manufacture de Grandes Orgues Casavant et Frères de Saint-Hyacinthe.

Plaque commémorative

     « À la mémoire des membres de la famille

Chaussegros de Léry

Seigneurs de Rigaud-Vaudreuil inhumés dans cette église».

Le 30 octobre 1887, les marguillers acceptent la proposition de Joseph Poulin à Gros :« Que cette Fabrique de Saint-François reconnaisse et cède à la famille de Léry, seigneuresse de cette paroisse et bienfaitrice insigne de cette église, le droit d’inhumation… pour tous et chacun de ses membres… sous le plancher de la nef dans l’église de cette paroisse…»

Le Sieur Joseph Gaspard Chaussegros de Léry était propriétaire de la seigneurie Rigaud-Vaudreuil depuis 1772. Une plaque, fixée à l’avant gauche de l’église et réalisée par la fonderie F.X. Drolet, de Québec, rappelle le nom des 22 membres de cette famille illustre inhumée sous l’église.

  1. Les vases sacrés et objets du culte
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Boitier et ampoules aux saintes huiles

Réalisés en argent, ces objets du culte les plus vieux que la paroisse possède sont l’œuvre de François Ranvoyzé et datent de 1783 ou 1784.

La signature du maître se trouve sous le boîtier : FR dans une oriflamme et sous les ampoules : FR dans un rectangle. Sur les ampoules, les inscriptions OC et SC.

Bais
er de paix

Œuvre de Laurent Amiot réalisée en 1798. La signature de l’auteur sur cette « paix d’argent» se retrouve sur la poignée : A dans un ovale.





Aiguière baptismale

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Les archives paroissiales nous rapportent que le 14 novembre 1830, il a été résolu de faire produire un vase d’argent pour les baptêmes.

C’est Laurent Amiot qui a réalisé cet objet de culte entre 1830 et 1839. L’orfèvre a signé son œuvre sous la base : A dans un ovale deux fois


Bassin 

Également de Laurent Amiot, réalisé en argent, la signature est sous le bassin : A dans un ovale trois fois.


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Navette et Encensoir


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Cette œuvre de Laurent Amiot exécutée entre 1831 et 1839 est signée sous le pied : A dans un ovale 2 fois.

 Le livre des comptes des archives de la paroisse Saint-François nous apprend que le 11 décembre 1831, il a été résolu de commander une navette et un encensoir.

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L’encensoir en argent massif, d’une hauteur de 10 pouces, est une œuvre de Laurent Amiot également. L’identification est sous la pièce : trois fois le poinçon de l’orfèvre. Malheureusement. Cet objet d’art aurait été volé dans les années 1960, d’après le curé actuel.



 Pyxide

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Porte–Dieu pour malades de François Sasseville réalisé en 1844.
Sous la pyxide d’argent, on retrouve la signature de l’artiste : F.S.dans un ovale.









Ostensoir
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Ostensoir en argent massif, du type de ceux de Laurent Amyot. Il a peut-être été commencé par Laurent Amiot et terminé par François Sasseville dans les années 1837-1840. La signature de l’auteur : F.S. dans un ovale sur la croix.

Cet ostensoir haut de 0,43 m est un don de Mme de Léry en 1887.

 « Un an avant sa mort, Madame de Léry avait fait présent à l’église de St-François d’un splendide ostensoir d’une valeur d’au-delà de 150.00 $, peut-on lire dans les Notes sur la paroisse de St-François de la Beauce, du curé Benjamin Demers.

 


          


  Chandelier pour cierge pascal

Dans les archives paroissiales, à l’année 1837, il est fait mention de l’achat d’un chandelier pour cierge pascal. Fait de bois peint et doré, on ne connait cependant pas son auteur.

Vase d'argent réalisé par François Sasseville en 1845
 

Calices
Fait en France près1879, de métal argenté.
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Fait de métal doré en 1890.
 

Ciboires

Fait de métal argenté
après 1879, en France
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Les modèles faits en France se distinguent par leur ornementation élaborée. La tradition de l’orfèvrerie religieuse de notre pays est beaucoup plus sobre.

À partir de 1830, la production industrielle française, dont les pièces sont ordinairement en cuivre plaqué d’argent, envahit le marché québécois.

3. La sacristie

La sacristie contient quatre des cinq pièces les plus précieuses que possède la Fabrique Saint-François.

L’autel

Chef-d'œuvre de François Baillargé!

« Il a été construit à Québec par Mr François Baillargé, architecte-sculpteur, sur le plan de celui de l’église paroissiale de Québec. La dorure a été posée par les Dames Religieuses de l’Hôpital Général de Québec. Il a couté 580.00 $ et date de 1815».

Le curé Demers continue son observation :

« Quoique de dimension peu considérable, c’est un beau morceau d’architecture qui a été le principal ornement de l’église bâtie en 1857, a servi jusqu’en 1888. Cet autel, vieux d’au-delà de 75 ans a alors cédé sa place à un autre plus considérable et il a été placé après réparation à la dorure dans la sacristie nouvellement agrandie».

 
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Le tabernacle

Trésor de la paroisse Saint-François!

Oeuvre d’art exceptionnelle, la partie supérieure de l’autel, le tabernacle, et la cadre d’autel, pièce très rare dans les églises du Québec, ont été déclarés « Biens culturels classés» en 1986. Le parement, sculpté en 1822 par Baillargé pour cet autel, se retrouve maintenant sur l’autel principal de l’église. Il s’agit du relief « La Vierge à l’Enfant» classé « Bien culturel» aussi par le Ministère des Affaires culturelles du Québec en 1986.



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Anges porte-candélabres

La ministre des Affaires culturelles de l’époque, Madame Lise Bacon, s’adressait ainsi à la Fabrique de la paroisse Saint-François d’Assise :

 «  Quant aux statues de Louis Jobin, leur originalité dans l’œuvre de l’artiste, sinon leur importance par rapport à ses autres réalisations, justifie le statut de bien reconnu ».

Cette reconnaissance existe officiellement depuis 1986, mais rétroactivement depuis 1985








Ces statues d’anges dorés ont été sculptées par Louis Jobin, de Québec en 1890. Ce modèle d’ange au candélabre en statuaire sur bois est très rare. Il en existe, paraît-il, une autre paire semblable, réalisée par un artiste reconnu et conservée dans le choeur de la chapelle Saint-Bernard à Mont-Tremblant.

 



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La Fabrique a acquis ces anges pendant la cure du révérend Benjamin Demers. Le coût de ces œuvres d’art, 200.00 $, fut assumé par des dons des paroissiens et par une quête spéciale le 24 août 1890.  Louis Jobin a également sculpté le Sacré-Cœur du Collège de Beauceville qui se trouve maintenant au pied de la côte de l’hôpital et le Saint-Georges à Saint-Georges.

    4. Les toiles

La Fabrique de la paroisse Saint-François d’Assise est aussi gardienne d’œuvres picturales de grande valeur.

Entre autres, trois toiles de l’artiste Antoine Plamondon sont des témoins précieux de l’art religieux au X1Xe siècle. Cette « Vierge de Douleur» peinte en 1846 par Plamondon est de dimension imposante 2,33 m par 1,87 m.

Les œuvres des artistes Plamondon, Ferland et autres sont malheureusement remisées. Leur état nécessiterait restauration… et mécénat.

 
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Regard sur le passé

Remarquez la richesse de ce sanctuaire d’avant le Concile Vatican II (1962-1965) : les anges de Jobin hauts de 2,17 m encadrent le tombeau de l’autel orné de "la Vierge à l’Enfant". Le retable surplombant le maître-autel contient une toile de "Saint-François d’Assise en prière", offerte par le seigneur Chaussegros de Léry à l’église en 1783.



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Regard sur l’avenir

Objets du culte, arts sacrés, trésors religieux, qu’adviendra-t-il de toutes ces richesses que les Fabriques des paroisses n’arrivent plus à entretenir et à mettre en valeur?

Le présent dépliant jette un éclairage sur une partie du patrimoine religieux de la paroisse. Il n’a pas la prétention d’avoir tout dit ou tout montré.

Tout au plus, se veut-il un tremplin pour les connaisseurs qui souhaiteraient poursuivre la recherche et fouiller davantage notre riche patrimoine religieux.

Pour en savoir davantage

COURVILLE, Serge, POULIN, Pierre C. RODRIGUE, Barry et all.,

Histoire et Beauce-Etchemin-Amiante, 2003

DEMERS, Benjamin, Notes sur la paroisse de St-François de la Beauce,

1891, réédition 1981

GARANT, André, Saint-François de Beauce je me souviens,

Beauceville au temps jadis,1985

http://sites.google.com/site/wwwpatrimoinebeaucevilleca/l-art-religieux-a-beauceville

ROY, Guy-André, Inventaire des œuvres d’art et pièces de mobilier

Religieux de la Fabrique Saint-François, ministère des Affaires culturelles du Québec,1982

SIMARD, Jean, Les arts sacrés au Québec, 1989

Évariste Perron, curé,

Paroisse Saint-François d'Assise de Beauce,

226, avenue Lambert, Beauceville, Québec G5X 1S3

Tél.:(418) 774-3747 Fax :(418) 774-3744

Auteure: Chantal Fecteau

Merci spécial à André Quirion pour sa collaboration au premier jet du projet.

2004

































































































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