Des Beaucevillois insoumis



Étaient-ils déterminés ou simplement rebelles? Le peuple fait la loi? Quoi qu’il en soit, au fil des ans, à Saint-François-de-Beauce et à Beauceville, on répertorie plusieurs exemples d’insoumission :

-        La tradition orale rapporte que des Amérindiens participaient à des bacchanales au site du Rocher…aussi fréquentées par des Blancs en mal de fêter!

-         De 1767 à 1783, la paroisse de Saint-François sera quasi privée de services religieux. Le desservant Jean-Marie Verreau de Sainte-Marie-de-Beauce se voit même intimidé par des Beaucevillois qui veulent lui imposer un nouveau site pour la chapelle. On rechigne aussi à payer la dîme.

-         En juillet 1767, le curé Verreau signale que sept feuilles manquent au premier registre paroissial et que la chose a été faite malicieusement.

-         Craignant une seconde invasion américaine au Québec, en 1778, faut-il se surprendre que le seul blockhaus levé en Nouvelle Beauce le fut sur la rive nord-est de Saint-François, vers l’actuel parc industriel?

-         Au temps de la rébellion de 1837-1838, des sympatisants patriotes Beaucevillois facilitent le passage de transfuges via la Chaudière vers les États-Unis.

-         La loi des écoles du Bas-Canada de 1846 taxe les habitants pour des écoles qu’ils jugent inutiles. On menace même de brûler les cinq écoles bâties sous le curé Édouard Bois. En 1848-1849, le curé Joseph-Arsène Mayrand, empêché de prêcher, est tenu captif dans le presbytère. Pendant quatre ans, plusieurs émeutiers, traités de canailles par le curé, défilent en procès à Québec.

-         Sise entre les Rapides du Diable et le Rocher, Beauceville est le théâtre d’inondations légendaires. Les riverains s’entêtent à demeurer en zone inondable…il y eut même une époque où certains fêtaient les débâcles

-         À la fin des années 1800, métropole régionale, Saint-François-de-Beauce est surnommée Tarragoneville. En effet, paraît-il que le vin y coule à flot. En 1904, Beauceville accède la première au statut urbain…serait-ce alors pour se soustraire aux directives du Conseil de comté?

Selon les Rapports annuels des paroisses, déposés aux Archives de l’Archidiocèse de Québec, en 1854, le taux  moyen beauceron de l’abstention de la communion pascale est de 25,8% (16,1% en 1874 et 0% en 1923). Cependant Saint-François-de-Beauce est au premier rang avec 55,3%, suivi de loin par Saint-Isidore à 34,8%. Quant à l’abstention de confession annuelle, Beauceville occupe toujours la première place à 27% (7,5% en 1874 et 0% en 1910), suivi de Saint-Georges à 12,8%.

-         De 1949 à 1952, malgré les remarques du clergé, l’artiste-peintre Rolland Drouin (1912-1988) garde ouvert son Cyclorama à la sortie nord-est de Beauce ville, spectacle de son et lumière sur une fresque de 125 pieds par 16. Les touristes y convergent presqu’autant qu’à l’église.

-         L’ethnologue Madeleine Doyon (1912-1978) n’a-t-elle pas évolué dans un monde de travail traditionnellement réservé aux hommes? En 1954, elle est même du Comité organisateur du premier carnaval d’hiver de Québec

-           Raoul Ro
y (frère Marie Stanislas Roy O.P., pseudonyme occasionnel Roger Beausoleil), a été un journaliste, un essayiste et un nationaliste québécois. Vers 1959, le Dr Jacques Ferron collabore à La Revue socialiste du Beaucevillois d’origine, Raoul Roy (1914-1996), fils de Cléophas Roy à Léger et Anastasie Poulin. Roy est le fondateur de l’Action socialiste pour l’indépendance du Québec en 1960. Roy a aussi fondé la revue L’indépendantiste (1963), Les Cahiers de la décolonisation du Franc-Canada (1969) et La Revue indépendantiste (1977). Raoul Roy est considéré aujourd’hui comme le père du Front de Libération du Québec.

-          Aussi, le père du sympathisant nazi Adrien Arcand (1899-1967),  Narcisse Arcand à Narcisse épouse, le 6 octobre 1896, à Saint-Jacques de Montréal, Marie-Anne Mathieu à Louis. En 1875, ce Louis Mathieu a épousé à Beauceville Marie Poulin, fille de Rémi Poulin à René. René Poulin à Charles est l’époux de Marie Doyon, arrière-petite-fille de Charles-Amador Doyon (1724-1794), pionnier de Saint-François-de-Beauce.

 

André Garant

 


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