Le fameux blockhaus de 1778




Après l’invasion américaine de Benedict Arnold en 1775, en route vers Québec, via la rivière Chaudière, les autorités britanniques décident de bâtir, en 1778, un petit fort, un blockhaus, sur la rive Est de la Chaudière à Saint-François-de-Beauce (Beauceville), entre l’endroit nommé le Rocher et le Parc industriel, à la sortie nord de cette localité.

Le capitaine MacAlpine et près de trente soldats pouvaient y loger. En 1780, quinze chasseurs-mercenaires du Régiment d’Anhalt Zerbst prennent la relève, sous les ordres de Joseph Launière (1726-1796), interprète des Amérindiens. Le traité de Versailles de 1783 imminent, la petite forteresse est vite abandonnée. Le 19 juin 1783, l’adjudant-général R. B. Lermoult envoie une dépêche au major général de Loos pour signifier aux officiers et aux quinze hommes de regagner la Pointe-Lévis. Aucune autre attaque américaine.

Une facette méconnue de l’histoire militaire beauceronne et québécoise. Lors de la rébellion de 1837, les Anglais installent un poste de guet aux Rapides du Diable de Saint-François-de-Beauce, un autre près de Saint-Georges et un autre tenu par le capitaine Oliva, sur la route de Kennebec, vers Saint-Côme-de-Kennebec.

Aucun plan de ce blockhaus, seulement de la correspondance du gouverneur Frederick Haldimand. Des fouilles archéologiques s’imposent! À Beauceville, un ruisseau du fort existe, et un Monsieur Mathieu est prénommé Duford…Ce fort aurait été bâti dans l’est, presqu’en face du ruisseau Bernard de la rive ouest de Saint-François, berceau des pionniers locaux du 18e siècle.

Au Québec, il y eu plus de trente blockhaus d’ériger : de 1759 à Québec, à Lacolle et Sorel vers 1781, à Châteauguay en 1814, deux à l’Île Sainte-Hélène vers 1840, etc. Clin d’œil sur la présence allemande en Beauce et périphérie…

D’autre part, la seigneurie Aubert-Gallion de la rive ouest de Saint-Georges-de-Beauce sera achetée en 1807 par Johann Georg Pfotzer dit Pozer (1752-1848). En 1817, véritable fondateur de Saint-Georges, Pozer fait venir 189 colons allemands pour peupler sa seigneurie, dont Michel Cirssemmann, le Dr Johann Heinrich Ernst Münkel (1er médecin de St-Georges), Johannes Hilsinger, Kahll, etc. À Saint-Georges, le seigneur irlandais Hanna n’est-il pas marié à une Allemande, Margareta Roberts Eckhart?


D’autres Allemands s’installent : Ampleman à Scott, Forcade à Saint-Henri, Barthell à Sainte-Marguerite, Harton à Saint-Joseph,  Rath à Sainte-Marie, Shink à Saint-Victor, Gosling à Saint-Georges, Franz Carl Lerch, Johann Christof Kaufholtz, Loeder dit Lettre à Saint-Joseph, Nicolas Hamann, Johann Franz Nopper, l’Alsacienne Christine Wagner. Les Nacke de Sainte-Marie descendent du Hessian, mercenaire allemand Gottfried Naacke. Et en région immédiate de Québec: Demuth, Kock (Caux), Frédérick, Gaetz, Gerhardt, Kimbert, Scherrer, Reimnitz, etc. 


Ce sang allemand a certainement laissé trace en Beauce et au Québec.

 

André Garant


Sources et pour plus de détails :

 

Marcel Trudel (Revue d’histoire de l’Amérique française vol. II, no 1, juin 1948)

 

Archives publiques du Canada, Haldimand Papers, 15-10-1778 et Collection Haldimand B.M. 21699

 

Atlas de Joseph Bouchette, 1815

 

Honorius Provost, Sainte-Marie de la Nouvelle-Beauce, 1972

 

John E.Hare, The American revolution and the Beauce, revue Culture, tome XX, 1959

 

Madeleine Ferron, Les Beaucerons ces insoumis, p. 94

 

Richard J. Young, Parks Canada, Catalogue of blockhouses of Canada, report no 155 et pp.72-73

 

Papier terrier, seigneurie Rigaud-Vaudreuil

 

Benjamin Demers, Notes sur St-François, 1891

 

André Garant : Beauceville au temps jadis, partie historique de Saint-François-de-Beauce, je me souviens, 1985, page 246-254

 

 Beauceville, 1re Ville en Beauce  1904-2004, pages 27, 33, 383-384, 400-401,  406-407


L'Association des familles d'origine germanique du Québec, site web, Claude Kaufholtz-Couture, président
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




























P. Héroux, o.f.m.