La Beauce



La Beauce, le pays des jarrets noirs

La Beauce est située à moins de 30 minutes au sud de la Ville de Québec. La grande Beauce fédérale compte 104 000 habitants et 41 localités réparties sur 4619 km carrés. Les MRC se nomment : Nouvelle-Beauce, Robert-Cliche, et Beauce-Sartigan. Au Québec, on y recense plutôt les circonscriptions de Beauce-Nord et Beauce-Sud.

La Beauce :

Cinq seigneuries concédées en 1737. Joseph Fleury de la Gorgendière (1676-1755) en est le principal promoteur; il laisse son nom à la plus ancienne localité beauceronne, Saint-Joseph. Il s’entoure de ses deux gendres, soit Thomas-Jacques Taschereau (1680-1749) à Sainte-Marie-de-Beauce et François-Pierre Rigaud-Vaudreuil (1703-1779) sur la seigneurie de Saint-François-de-la-Beauce. À la hauteur de Saint-Georges-de-Beauce, la rive ouest est concédée à la veuve de François Aubert de la Chesnaye (1669-1725), Marie-Thérèse de Lalande Gayon dit Gallion (1691-1738). La rive Est de Saint-Georges est octroyée à Nicolas-Gabriel Aubin de l’Isle (1698-1747) Les premiers colons arrivent de la Côte de Beaupré…

La région s’appellera Nouvelle-Beauce : ces ancêtres ne sont pas nécessairement originaires de la Beauce de France, cette région située à une heure au sud de Paris. Rappel de la vocation agricole de ce coin de la mère-patrie. La Beauce française est une plaine, la Beauce d’ici une vallée semi-urbaine. Les Beaucerons sont plutôt originaires du Berry, de la Charente, de la Bretagne, du Perche, de la Picardie, de la Vendée. À noter que la seigneurie Aubert-Gallion de l’ouest de Saint-Georges fut concédée à une femme en 1737, Marie-Thérèse de Lalande-Gayon (1691-1738), son mari étant décédé en 1725.

-     Rivière Chaudière, l’épine dorsale, le sang des Beaucerons : appelée jadis Sartigan ou Méchatigan, rivière bruyante, ombreuse. Sur 400 mètres de dénivellation, parcourant 200 kilomètres, elle coule du sud (Lac Mégantic) vers le nord et se jette dans le fleuve Saint-Laurent. Le toponyme Chaudière origine des marmites dites chaudières formées à même le roc aux Chutes de Charny, hautes de 36 mètres.

-      Les inondations sont une caractéristique régionale assez publicisée. Imprévisible, ces coups d’eaux surviennent presqu’à l’année longue : avril 1896,  juillet 1917, décembre 1957…

-       Gentilé : Beauceron, Beauceronne.

-        Noms de familles fréquents : Poulin, Veilleux, Roy, Lessard, Bolduc…pays des surnoms.

-       Les jarrets noirs : surnom donné aux pionniers beaucerons qui avaient à se rendre à Lévis et Québec, à cheval ou à pieds, via des sentiers marécageaux. Ils arrivaient boueux à destination. Aujourd’hui, on parlerait de détermination, courage, ténacité. La corvée dit le bi est une entraide traditionnelle.

-         Architecture typique beauceronne : fausses cheminées, larmier cintré et 31 autres caractéristiques patrimoniales. La rive ouest de la Chaudière (surtout entre Beauceville et Sainte-Marie) offre encore à la vue quelques maisons ancestrales.

-      Histoire militaire : à noter la construction d’un blockhaus en 1778, dans l’Est de Saint-François-de-Beauce (Beauceville). On appréhende une autre invasion américaine après celle d’Arnold en 1775. Le Régiment de la Chaudière rend hommage à ses militaires sur un cénotaphe à Beauceville.

-          Région administrative 12, Chaudière-Appalaches

-         La Beauce n’est pas que la vallée de la Chaudière : les coteaux, les plateaux Est-Ouest sont pleins de villages intéressants. 50% et plus de la population vit en dehors des rives de la Chaudière : Saint-Victor, Saint-Éphrem, Saint-Zacharie, Saint-Prosper, Saint-Gédéon, Saint-Ludger, Saint-Benjamin, Saint-Séverin, etc.

-      L’acériculture est une tradition régionale colorée, mais aussi une industrie moderne. Il est prouvé que la région administrative 12 dite Chaudière-Appalaches possède la plus grande concentration d’érablières au Québec.

-       Agriculture : la Beauce est essentiellement semi-rurale. L’agriculture et la forêt sont encore des activités économiques très importantes en Beauce, générant près de 500 millions $ de revenus annuels.

-          Le Père Gédéon personnifié jadis par  Doris Lussier à Donat : maire  imbattable du fictif village de Saint-Gérard-de-Beauce, maître-chantre, cultivateur et  père de 13 enfants …, est né en juillet 1918 à  Fontainebleau en Estrie. À l’âge de six ans, il déménage vers Lambton, sur la frontière de la Beauce et des Cantons de l'Est. Sa mère, Rose Picard, se remarie à Elzéar Perreault. Le musée de la Maison Dupuis de Sainte-Marie-de-Beauce lui rend hommage.

-         L’accent, la parlure :comme partout, un certain accent caractérise le Beauceron. Les études, les voyages, la modernité ont façonné cette parlure ancienne et colorée qui tend à disparaître…mais la couleur régionale persiste heureusement!

-         Expressions populaires de jadis: La Beauce, pays du chapelet en bardeaux (chapelet récité en vitesse), penture de tabernacle (tranche de bacon), jâvelle (cabane pour les chevaux), il neige des peaux de lièvre (il neige à gros flocons), tricoler (tituber), la truie est en rabette (en chaleur), botte à douilles ou à tuyaux (haute,lacée), acheter (devenir père ou mère), tarvelle (truelle), vire-capot (changer de parti politique)…

-         Autoroute 73 de la Beauce dite Robert-Cliche : début en 1977 du 1er tronçon. Maintenant, du Pont Pierre-Laporte à Beauceville et bientôt à Saint-Georges.

-         États-Unis : la Beauce est frontalière à l’État du Maine au sud. Le Bureau des douanes d’Armstrong (vers Saint-Théophile) est situé à moins de trente minutes de Saint-Georges.

-         De tout temps, les arts ont leurs vedettes : les ethnologues Marius Barbeau, Luc Lacourcière et Madeleine Doyon, Honorius Provost, William Chapman poète, Jacques Poulin romancier, Madeleine Ferron romancière, Éloi-Gérard Talbot généalogiste, Jean-Luc Grondin peintre animalier, Clermont Pépin et Marc Gagné en musique, Marcel Marois tapissier de haute-lisse, France Duval mezzo soprano, Jean-Guy H.Lessard scuplteur-peintre-figuriste…

-         Quelques visages politiques : Édouard Lacroix, Fabien Roy, Robert Cliche, Henri-Séverin Béland, Joseph Bolduc…

-         Saint-Georges en est la métropole : plus de 30 000 habitants, issus de Aubert-Gallion, Saint-Georges-Est, Saint-Georges-Ouest et Saint-Georges. De 1875 à 1930, Saint-François-de-Beauce, Beauceville, assume ce titre de métropole beauceronne.Deux paroisses religieuses georgiennes : Saint-Georges (1835) au secteur ouest et l’Assomption (1950) dans l’Est, la plus populeuse en Beauce.

-         Plusieurs Sociétés historiques locales et principalement la Société du patrimoine des Beaucerons à Saint-Joseph et la Société historique Sartigan à Saint-Georges. Notons le Musée Marius-Barbeau à Saint-Joseph, la Maison Dupuis de Sainte-Marie (aviation civile et le Père Gédéon), le Musée de l’entrepreneurship beauceron à Saint-Georges, le Village des défricheurs à Saint-Prosper.

-         En 1815, François Baillargé a conçu le maître-autel de la sacristie actuelle de Beauceville : un des deux seuls de ce genre conservés au Québec. Toujours en Beauce, le célèbre sculpteur Louis Jobin a fabriqué deux anges porte-candélabre, la statue du Sacré-Cœur à Beauceville et le cavalier Georges terrassant le dragon à Saint-Georges-de-Beauce, entre autres.

-         Les petites et moyennes entreprises dites P.M.E. : Saputo (Petits gâteaux Vachon), Hervé Pomerleau, Marcel Dutil (Manac), Raymond Dutil (Procycle), Placide Poulin, René Bernard…et plusieurs entreprises prospères sur les coteaux de la Chaudière.

-         Réseau scolaire : du primaire au secondaire au Cegep Beauce-Aappalches au Centre Universitaire des Appalaches. Le Centre Intégré de Mécanique Industriel de la Chaudière ou CIMIC est un concept unique : formation en partenariat industries-écoles.

                                                         Pour en savoir plus :

La Beauce et les Beaucerons, portraits d’une région 1737-1987, Société du patrimoine des Beaucerons,
Saint- Joseph- de-Beauce, 381 pages,1990.

Histoire de Beauce-Etchemin-Amiante, Institut québécois de recherche sur la culture, 1051 pages, 2003

                                                                                                                 


André Garant, historien

Source: dossier personnel

http://sites.google.com/site/wwwpatimoinebeaucevilleca/une-histoire-populaire-de-la-beauce