Lorenzo Favreau, frère Adjuteur



Le frère Adjuteur, un historien oublié.

En 1935, l'année du centenaire de l'érection canonique de Saint-Georges, le frère de la Charité Adjuteur (1886-1961) compile le fruit de ses recherches historiques: La paroisse anglicane de Saint-Georges-de-Beauce ( 1e partie, 49 feuilles de 14 sur 21 cm), Précis historique sur la paroisse de Saint-Georges-de-Beauce, 1835 à 1935 ( 2e partie, 122 feuilles de 14 sur 21 cm. Ce manuscrit original, non publié, est conservé aux archives du presbytère de Saint-Georges.

Comme il se doit, Adjuteur emprunte quelques renseignements glanés dans les Seigneurs et premiers censitaires de Saint-Georges-Beauce et la famille Pozer écrit en 1927 par le notaire beaucevillois, Philippe Angers (1858-1935). Toujours en 1935, l'avocat georgien Robert Vézina fait appel aux  compétences locales et régionales afin de publier Histoire de Saint-Georges-de-Beauce: il emprunte deux chapitres à Angers et aussi au frère Adjuteur, entre autres.

 Le frère Adjuteur avait ce don de colliger les plus précieux souvenirs oraux de nos personnes agées, mémoire vivante du grand Saint-Georges. Fils de Louis Favreau et de Élisa Langevin, Lorenzo Favreau, dit frère Adjuteur, alias Le p'tit quart de tôle, comme les jeunes le surnommaient, est né le 11 décembre 1886 à Montréal. Il prononce ses vœux perpétuels le 20 août 1912. Ses assignations professionnelles sont à l'enseignement au primaire surtout: de 1922 à 1933 à l'Institut Saint-Antoine de Montréal, du 16 août au 31 août 1943 à l'Académie Notre-Dame du Sacré-Coeur (Petit Collège incendié en 1953) de Saint-Georges-de-Beauce et de 1953 à 1958, presque aveugle, il s'y retire pour cause de maladie. Il décède à ce dernier endroit le 18 mai 1961.

Entre-temps, le 30 mai 1947, le frère Adjuteur reçoit le 1er degré du Mérite scolaire. Ses temps libres étaient accordés aux activités de costumier de pièces de théâtre, de rédacteur de biographies des frères, de chercheur en généalogie et auteur d'enquêtes historiques. Il invente même un remède contre l'arthrique et le rhumatisme dit Adjutol.

" Les données généalogiques colligées devaient avoir aussi quelque valeur pour qu'une grande maison spécialisée lui ait emprunté , un jour, ses cahiers et ne lui ait jamais remis. Perdus, disait la direction de la maison, détruits disait un employé... dommage qu'on n'ait pas écrit sur lui, comme il l'a fait pour tant de familles beauceronnes, écrits partis en fumée ?!?" renchérit en 2006, le frère Édouard Bolduc, Supérieur régional.

Grâce à ses enquêtes orales, la petite histoire georgienne n'en est que plus riche. En 1935, le Frère Adjuteur dévoile:" En 1856, lors, de l'érection civile de la paroisse de Saint-Georges, l'ancienne classe (tenue dans l'annexe de la maison du bedeau Augustin Turcotte par l'instituteur Jean Darveau à Jean) devint la salle du conseil, salle paroissiale, et Mlle Delvina Croteau ( Mme Philippe Gonthier) fit la classe...À l'ombre du clocher.

Source: L'Éclaireur-Prpogrès, 8 décembre 2006, page B32, André Garant
 



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