Le presbytère de Saint-François d'Assise de la Beauce



 Concédée en 1737, la seigneurie Rigaud-Vaudreuil se donne une première chapelle bâtie en 1765 au ruisseau Bernard, vers la rivière Le Bras.  Les missionnaires de la Nouvelle-Beauce logeaient alors dans des maisons d’habitants.

 En 1782, les autorités religieuses, à l’exemple de la famille de Léry, relocalisent la terre de la Fabrique plus au centre de la seigneurie, sur le site actuel, propriété de l’Amérindien Pierre-Athanase Makatagondo.  L’érection canonique date de 1835.


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Au cœur de la majestueuse vallée de la Chaudière, le presbytère fut construit en 1874-1875.  Romain Marceau exécutait les plans de l’architecte J.Lepage.  François-Xavier Tessier, le curé d’époque, est aussi le bâtisseur, en 1857-1858, de l’église actuelle de style néo-classique.

De pierre, le premier presbytère de Saint-François est érigé en 1804; il fut reconverti en salle publique en 1849, et démoli en 1853.  En 1849, le deuxième presbytère de bois est sis à 50 pieds à l’arrière de celui d’aujourd’hui; déménagé en 1876, il passe au feu en 1980.  L’actuel et troisième presbytère de Saint-François devient vite un forum socio-religieux dans le tissu social.  Résidence des prêtres, lieu de consultation, centre administratif et archivistique, il fait partie de l’âme de la communauté.

Par son architecture victorienne, ses matériaux et ses couleurs, l’édifice ajoute une note de calme et de sérénité au paysage parfois tourmenté de la rivière Chaudière dite Méchatigan ou « rivière ombreuse ».  Le financement, quelque 14 000 $ de jadis (une valeur actualisée d’environ 750 000 $) provient essentiellement de la population, conformément à un « acte de cotisation des propriétaires » ou taxe spéciale proportionnelle aux valeurs foncières.

Le presbytère s’élève, en plus du rez-de-chaussée, sur deux étages, avec double galerie sur trois côtés; la longue galerie de l’étage supérieur fut démolie en 1970 et en 1982, on ajoute une garde de galerie au rez-de-chaussée.  Le toit se profile en pavillon avec une couverture en tôle à la canadienne.  Les ouvertures sont composées de lucarnes à croupes, de fenêtres à battants à grands carreaux et de portes à panneaux avec vitrage.  Le décret de construction établit le presbytère à « environ 54 pieds de longueur, 34 pieds de largeur, 11 pieds de hauteur au 1er étage et 9 pieds au second, entre les deux planchers finis… ».

Il aura fallu utiliser 141 000 briques beiges livrées de Québec.  Elles sont un don du curé. Posées en trois semaines, ces briques écossaises servaient autrefois à balaster la cale des navires en provenance d’outre mer.

Au fil des ans, des modifications s’avèrent nécessaires : cuisine et aménagement intérieur en 1895.  Entre autres, solidification des fondations en 1905, amélioration de la cave en 1938, parachèvement de certaines rénovations en 1947.  En 1982 et 1984, plus de 100 000 $ sont consacrés à la réfection complète de l’intérieur du presbytère, de la ventilation, du chauffage et surtout de la fenestration.

À noter que la sacristie et l’église renferment des œuvres d’art de François Baillargé (1759-1830) et de Louis Jobin (1845-1928)… reconnues biens culturels du Québec depuis 1985.

Fleuron architectural, le presbytère fait la fierté de la communauté chrétienne de la paroisse Saint-François d’Assise de Beauce.

En 1853, une nouvelle salle publique est levée au bas de la rue Grondin et au coin de l’avenue Lambert, à la pointe Nord du stationnement de la Fabrique.  En campagne électorale, des politiciens y tiennent discours et assemblées contradictoires.  De l’érection civile de Saint-François-de-Beauce en 1850 à l’arrivée du Bureau d’enregistrement de Beauce en 1856, les séances du conseil municipal ont  pu s’y dérouler.

 En août 1928, pour 2 150 $, Charles Jolicoeur déplace cette salle paroissiale, ce centre communautaire, de l’avant à l’arrière du temple paroissial, près de la façade de l’actuel Centre d’imprimerie de la Chaudière.  En 1955, Saint-Jean Poulin s’en porte acquéreur à l’enchère pour 400 $.  Il la déménage au 205-205A, 126e rue Saint-Jean, sur la rive Ouest de Beauceville, sur son site actuel.  Vocation résidentielle.


André Garant

Phase I du circuit patrimonial de Beauceville           

 


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