Le Congrès Eucharistique de Beauceville (1962)





Vivons de l’hostie, tel était le thème de ce congrès régional Beauce-Dorchester, tenu à Beauceville pendant quatre jours soit du jeudi 28 juin au dimanche 1er juillet 1962. Il succède à celui de Beauport en 1961. La population interpelée est de l’ordre de 60 000 Beaucerons. Trente-deux paroisses y participent, de Saint-Robert-Bellarmin à Scott, de Saint-Côme à Sainte-Justine, en passant par la vallée de la Chaudière. En 1961, on recense 5535 Beaucevillois

Curé de Beauceville de 1960 à 1967, Louis-Joseph Ferland est le président du congrès, assisté des vicaires Amédée Busque, Maurice Paquet et Joseph Lapierre. Le Frère Mariste Simon-René Simard préside la Croisade scolaire et le Père du Très-Saint-Sacrement, Louis-Philippe Audet devient l’animateur de cette imposante organisation. Les couleurs officielles sont le blanc (eucharistie), le jaune (papauté et concile) et le rouge (royauté du Christ).

Les activités se déroulement à l’église paroissiale et au Collège du Sacré-CœurÉcole Saint-François, ouverte le 20 septembre 1960. Une plate-forme de soixante pieds accueille le chœur de cette église en plein air de 5000 sièges. En vue de moderniser la notion de reposoir, on emploie même le terme chalet d’été…Vingt kiosques de communautés religieuses occupent les classes de l’école. (1894-1977). Le reposoir se tient sur les terrains de la nouvelle

Le samedi à dix heures, on bénit treize mariages. De plus, on consacre sept ordinations, soit Herman Giguère, Dominique Giguère et Paul-Eugène Roy de Saint-Joseph, Gervais Lapointe et Roger Fortin de Sainte-Germaine, Jean-Paul Marcoux de Scott et le Père Armand Poulin de Saint-Georges. Paul-Émile Deschênes et Mélithon Paré sont les coprésidents du comité central.

Une messe dite pontificale est célébrée par Mgr Maurice Roy (1905-1985), nommé cardinal en 1965. Le maire de Beauceville-Est, Jacques Renault, souhaite la bienvenue et Armand Berberi, maire de Beauceville (Ouest), consacre la région au Christ-Roi. Quant au Couvent Jésus-Marie de Beauceville, il se fait l’ardent promoteur d’un bouquet spirituele année une analyse littéraire et en 10e année un mot croisé. composé de chapelets, messes, communions sacramentelles et spirituelles, de bonnes actions, de sacrifices et d’appels eucharistiques dans le silence. On intègre le congrès aux écoles : en 8

Le petit catéchisme définit un congrès eucharistique comme une immense et vibrante assemblée de fidèles dans le but de promouvoir le culte de l’eucharistie. Une sorte de Fête-Dieu de plusieurs jours en regroupant une région entière. Aussi, le clergé exhorte les fidèles à réciter la prière du congrès, car il y a une indulgence plénière de sept ans, une fois par mois, aux conditions ordinaires, à ceux qui la récitent une fois par jour. Le vendredi 29 juin, tout congressiste ou non des trente-deux paroisses pourra faire gras, c’est-à-dire manger de la viande et donc être exempté d’abstinence selon le vocabulaire religieux d’époque.

En 2012, il est peu probable que le 50e anniversaire de ce Congrès eucharistique soit souligné. Depuis la Révolution tranquille québécoise et le Concile Vatican II de 1962, à la baisse, la pratique de la religion a pris des chemins fort différents. De 1989 à 2001, la pratique religieuse au Québec passe de 37% à 25% et  en 2008 seulement 10 % des Québécois qui se déclarent catholiques, sont de véritables pratiquants

Nos églises ont été bâties telles des avant-goûts de paradis, à l’époque de la foi ardente de nos prédécesseurs. L’art religieux embellit ces petits châteaux de la Beauce. Si un incendie détruisait l’église de Beauceville, serait-ce la foi ou l’orgueil qui procèderait à une possible reconstruction aussi grandiose ou plus modeste du temple paroissial?

 

André Garant

Source: Recueil publié en 1962

 Photos: Andrée Roy