Le breakdown de Beauceville



Le breakdown est une danse traditionnelle; les déplacements sont marchés, sauf les promenades : en two-steps (pas d’accord) et en position de danse sociale fermée. On se salue et tous par la main promenade vers la gauche. Rendus chez soi, on swingne. Et on repart vers la droite…

Dans les décennies 1930-1940, la musique populaire est très prisée. L’harmonica, le violon et l’accordéon à pistons égaient. La musique traditionnelle du Canada français est alors bien servie par Alfred Montmarquette (1871-1944), Joseph Allard (1873-1947), Jean Carignan (1916-1988), Mary Travers dite La Bolduc (1894-1941), entre autres, sans oublier Gabriel Labbé.

À cette époque, né à Val-Jalbert, Thomas dit Tommy Duchesne (1909-1986), est un accordéoniste et un joueur d'harmonica réputé. Il est aussi un calleur de sets et un animateur très recherché au Québec. Il se produit en spectacle avec la troupe de Manda Parent. Duchesne est aussi connu sous le nom de Tommy et ses Chevaliers.

De 1934 à 1952, l’étiquette Starr publicise Tommy. Il joue avec fougue Le reel du petit cordonnier, Le reel de Saint-Jérôme, Le breakdown de Porneuf, Le quadrille de l’Abitibi, La valse du Lac Saint-Jean, Le Paul Jones d’la Côte-Nord, le Paul Jones des Cantons de l’Est,  le quadrille de Montréal, Le reel de Dolbeau, Le quadrille de Charlevoix, etc.

Ainsi en 1945, la fameuse toune Le breakdown de Beauceville fait danser sur 2 minutes et 49 secondes. L’accordéon à pitons scande le rythme. En fréquentes tournées provinciales, il est de mise de faire un clin d’œil aux différentes régions qui se divertissant avec de tels musiciens. Depuis plusieurs années, les reels, quadrilles et Paul Jones donnent des toponymes à leurs compositions. Publicité de bon aloi.

Quant à Beauceville, elle fut la métropole de la Beauce de 1875 à 1930. D’ailleurs en 1904, elle devient la première Ville en Beauce. Forte de son statut urbain, de 1886 à 1907, Saint-François-de-Beauce et Beauceville sont le terminus ferroviaire du sud de la Beauce.

Au fil des ans, les établissements hôteliers beaucevillois sont nombreux. Longtemps connu sous le nom de Taragoneville, les fioles, flacons et vin Tarragone coulent à flot. Plusieurs localités avoisinantes observent tant bien que mal un régime à sec, la tempérance. Quelques blind pigs ou tripots clandestins guettent la jeunesse.

En 1848, au coin nord de l’actuelle 107e rue (de la gare), l’Hôtel Hamel lève aussi le coude. En 1907, l’Hôtel Lambert est bâti sur les ruines de Hamel. Dès 1850, l’Hôtel Barbeau avoisine l’église paroissiale. Au rang Saint-Charles, l’Hôtel Poitevin accueillait plus d’un chercheur d’or! Au début des années 1900, l’Hôtel Roy n’est-il pas un lieu de désordre? De 1928 à 1938, on se souvient du Manoir Chapdelaine de Gustave Bouchard.

Sans conteste, à l’époque des prestations de Tommy Duchesne, l’Hôtel Beauceville (Berberi, Poulin) semble le lieu de rassemblement populaire. N’oublions pas le Manoir des Ormes (1955-1968) et l’Hôtel Royal.

André Garant

http://www.youtube.com/watch?v=jODC18ACAlk

 

 

 

 

 


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